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Vers l’interdiction d’un pesticide neurotoxique et perturbateur endocrinien? (LLB 7/8/19)

Par Cadev • Dans la presse • Samedi 10/08/2019 • 0 commentaires • Version imprimable

Le chlorpyrifos est un des pesticides les plus utilisés en Europe. De nombreux travaux scientifiques ont démontré sa toxicité pour la santé humaine. Les états membres de l'UE pourraient l'interdire.

"Une exposition au chlorpyrifos ou à ses cousins organophosphorés, avant la naissance ou dans les mois qui suivent, est associée à des déficits de QI (cette famille de pesticides vole en moyenne 2,5 points de quotient intellectuel à chaque enfant européen), à un retard de développement mental, une mémoire de travail réduite, des troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Ses effets sur le cerveau des enfants sont considérés comme irréversibles." Voilà ce que révélait Le Monde au mois de juin dernier après avoir enquêté sur la toxicité de ce pesticide.

L’article relevait que les données scientifiques venant de plusieurs études de suivi des populations, menées aux États-Unis, se recoupaient. La dernière étude menée en Californie, le plus grand État agricole du pays, démontrait une augmentation de la fréquence des cas d’autisme et de lésions cérébrales précoces chez les enfants exposés au chlorpyrifos. Un produit que cet État a d’ailleurs désormais interdit.

Neurotoxique et perturbateur endocrinien

"D’abord pulvérisé sur les cultures pour éliminer pucerons ou chenilles, le chlorpyrifos poursuit son existence sous la forme de traces dans les oranges, les pommes, la laitue, l’urine des enfants et le cordon ombilical des femmes enceintes", écrivaient nos confrères.

"D’après les dernières données de l’EFSA (l’Autorité européenne de sécurité des aliments, NdlR) , il est surtout retrouvé dans les agrumes (un pamplemousse et citron sur trois ; une orange et mandarine sur quatre) et fait partie du top 15 des résidus de pesticides dans nos assiettes", complète Natacha Cingotti, chargée du programme santé et produits chimiques au sein de l’ONG Heal (Alliance européenne pour la santé et l’environnement). De plus, "ce pesticide extrêmement utilisé en Europe est le premier pesticide perturbateur endocrinien dont les résidus sont le plus trouvés. Il agit notamment sur la signalisation thyroïdienne. De cette manière, il peut interférer avec le développement du cerveau", ajoute-t-elle. Selon l’ONG, les scientifiques lient la substance à des perturbations du métabolisme, au cancer du sein et du poumon, à l’infertilité masculine ou encore à l’asthme. Des effets sur l’homme pourtant longtemps ignorés par l’UE, qui avait autorisé la commercialisation du chlorpyrifos produit par la firme américaine Dow pour remplacer le DDT.

Les autorités européennes ont mis près de vingt ans avant d’évaluer les données du fabricant. "Des données qui, de plus, étaient erronées", souligne le quotidien français. "Lors de sa dernière évaluation, en 2013-2014, la décision de la Commission s’est basée sur une étude de neurotoxicité fournie par l’industrie en ne prenant pas en considération les nombreuses études indépendantes", précise Natacha Cingotti. La firme américaine aurait par ailleurs, dans son étude, "complètement ignoré" près d’un millier de résultats potentiellement défavorables au chlorpyrifos, avance de son côté l’ONG française Génération futures.

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