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Le Système d’échange local (SEL) de Villers-la-Ville fête ses 20 ans (Le Soir 17/7/17)

Par Cadev • Dans la presse • Samedi 12/08/2017 • 0 commentaires • Version imprimable

Voilà 20 ans qu’un Système d’échange local (SEL) sortait de terre à Villers-la-Ville. Ils étaient 47 villageois à être les chevilles ouvrières de cet élan de solidarité pionnier en Belgique francophone. « Quatre mois plus tard, on était 67. Et début 1998, on était 80, se rappelle Marie, membre de la première heure du bien nommé SEL Coup de Pouce (SCDP). Cette période de démarrage du projet, c’était très chouette. On était «waouw», comme le sont aujourd’hui les gens qui s’incluent dans la transition. »

Les deux actions, SEL et transition, ont des bases similaires. Toutes deux visent davantage de solidarité et de résilience, c’est-à-dire plus de capacités d’absorber les chocs sociaux, écologiques ou économiques. « Déjà en 1997, on s’interrogeait, par rapport à nos enfants et à nos voisins : et si ça s’effondrait ? Est-ce qu’il y a quand même moyen de s’en sortir sans argent ? », explique Bernard, lui aussi adepte de longue date du SEL.

Comme solution, ils ont mis en place un système d’échange de services entre voisins. On échange son temps et ses compétences particulières contre le temps et les compétences de quelqu’un d’autre. Il ne s’agit pas de se faire rétribuer en monnaie sonnante et trébuchante. L’unité de valeur, ce sont les minutes consacrées à l’action.

Au SEL Coup de Pouce, une heure de tonte de pelouse ou de tapissage de la chambre du petit dernier ou encore de réparation du carburateur de la moto valent un bon’heure. Quelle que soit la nature du service et quelles que soient les compétences de la personne qui l’a rendu, une heure prestée vaut toujours un bon’heure. Par convention, un petit service, non mesurable en termes de temps presté, vaut un quart de bon’heure. C’est la plus petite coupure d’échange.

Prenons un cas fictif. Isabelle a besoin d’aide pour peindre la façade de sa maison. Faisant partie d’un SEL, elle a les codes pour consulter le catalogue des compétences offertes par les membres de son SEL et de ceux des environs, ainsi que leurs coordonnées. Georges, du village voisin, a justement l’âme d’un bricoleur. Un coup de fil et le voilà, pinceau à la main. Le travail de peinture lui prend 5 heures. Une fois qu’il a terminé, Isabelle lui transfère 5 bon’heures (ou unités de temps équivalentes dans le SEL du village de Georges) via le site sécurisé des SEL (lire ci-contre).

Une semaine plus tard, Georges a besoin d’aide pour garder ses petits-enfants. Dans le catalogue, il découvre l’existence de Marc. Aîné d’une famille nombreuse, il adore s’occuper des petits bouts. Contact est pris. Si bien que le samedi après-midi, le voilà à lire des histoires et à jouer au football avec les petits-enfants de Georges. Pour le rétribuer de ces 3 heures de baby-sitting, ce dernier lui verse 3 bon’heures sur son compte SEL.

Finalement, le compte personnel (libellé dans l’unité d’échange du SEL) d’Isabelle sera à – 5 ; celui de Georges à + 2 et celui de Marc à + 3.

Il ne s’agit donc pas d’un donné pour un rendu envers la même personne. Le système est multilatéral. « Dans le SEL, la réciprocité se fait, non pas avec la personne qui nous a donné, mais avec toute la communauté, explique l’ASBL SEL, qui chapeaute ce mouvement en Belgique et aide les citoyens qui le souhaitent à monter un projet de SEL. Une chose est sûre, le SEL n’est pas un système de troc de services ou de biens, comme cela est parfois présenté erronément. Dans un système de troc, il faudrait que les personnes aient deux à deux, au même moment, des services ou biens de même valeur et mutuellement intéressants à s’échanger, ce qui limiterait grandement la diversité et le nombre des échanges. »

Des garde-fous ont été pensés pour éviter les abus. « Le compte d’une famille ne peut pas dépasser 60 bon’heures, que ce soit en positif ou en négatif », explique-t-on au SEL Coup de Pouce. Par ailleurs, si chaque membre est libre de quitter le SEL quand il le souhaite, il doit tout de même au préalable avoir équilibré son compte.

A noter aussi que s’il peut proposer aux membres de son SEL des légumes bio de son potager, un coiffeur ne peut pas proposer de leur couper les cheveux. En effet, les membres d’un SEL ne rendent jamais de service en tant que professionnels du métier. Ils ne sont donc tenus à aucune obligation de résultat ou de rentabilité.

Vingt ans après sa naissance, le SEL Coup de Pouce compte 250 membres répartis dans 7 communes brabançonnes. Et comme tout mastodonte, il est devenu plus difficile à gérer. « Notre vision, ce serait d’avoir un SEL par quartier ou par rue, et que cela soit fédéré et puisse communiquer sans souci », poursuit Bernard.

« Les SEL, la transition, c’est appartenir à un nouveau monde, ajoute Daniel, qui fait partie des deux mouvements à Court Saint-Etienne. Je ne traverse plus ma ville de la même manière qu’auparavant. Je vois désormais bien plus de visages connus, des yeux, des sourires. Et si la personne a le temps, on entame la conversation. »

Recréer du lien dans une société qui met l’individualisme sur un piédestal ; parler à ses voisins comme aux temps passés ; se sentir utile à la communauté ; les bienfaits des SEL sont nombreux.

Quelque 127 SEL sont recensés en Belgique francophone. Vous désirez connaître le plus proche de chez vous ? http://www.sel-lets.be. C’est sur ce même site que vous découvrirez les astuces pour monter votre propre projet de SEL.

Suite de l'article du Soir