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Conférence-débat avec l'Institut des Radio-Eléments de Fleurus (17/10/2011)

Par Cadev • Activités • Jeudi 20/10/2011 • 0 commentaires • Version imprimable

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Le nucléaire engendre des craintes dans la population, surtout après des catastrophes d'une ampleur telle que celle de Fukushima.  Beaucoup se posent des questions sur la dangerosité de l'IRE, une entreprise basée sur la technologie nucléaire à 15 km de nos portes. 
La meilleure façon de mesurer le risque est de se renseigner à la source. Tel était le but de la conférence-débat de ce 17 octobre 2011. Nous synthétisons ici les questions posées:
 
- Peut-on comparer l'IRE à une centrale nucléaire?
Non, l'IRE n'est pas une centrale nucléaire, ses activités sont complètement différentes et ont des finalités différentes. L’IRE ne produit pas d’énergie mais des radio-isotopes à usage médical utilisés pour traiter des maladies graves comme le cancer. Il n’y a donc pas de réacteur présent sur le site de Fleurus,  le processus de purification chimique des radio-isotopes médicaux est discontinu et il est possible de l’arrêter instantanément, la quantité de matières radioactives manipulées en production à l’IRE est de l’ordre de 100.000 fois  moindre que celle contenue dans un réacteur en activité.
 
- On a beaucoup parlé dans les médias de l'incident de 2008. Que s'est-il passé?
Suite à un concours de circonstances, il y a eu un rejet d'iode non contrôlé à la cheminée. De l’iode radioactif s’est échappé d’une cuve récoltant les déchets liquides issus des productions. Les filtres à charbon actifs présents sur le circuit de ventilation des installations ont été saturés et une partie de l’iode s’est retrouvé dans l’atmosphère.
 
- Existe-il un plan d'urgence?
L'entreprise est tenue de déposer un plan interne d'urgence propre à ses travailleurs et ses installations.
Ce plan interne d'urgence s’articule avec les plans d’urgence communaux et provinciaux à destination de la population environnante. Le circuit de communication est défini dans un arrêté royal et prévoit qu’en cas d’incident à évolution lente l’IRE est dans l’obligation de signaler le problème au niveau Fédéral qui avertit la Province de Hainaut qui elle-même alerte les autorités communales concernées. La procédure peut paraître longue mais le politique en a décidé ainsi. L’IRE est bien conscient de ce souci très perturbant pour la population. Des contacts sont établis entre autres avec la Province du Hainaut et les communes pour tenter d’apporter des améliorations dans ce circuit de communication.  
 
En cas d’incident à évolution rapide, l’IRE doit avertir directement le Province du Hainaut qui alerte alors directement les communes. Le circuit de communication est dans ce cas précis plus rapide.
 
- Quels sont les risques principaux?
Les scénarios de catastrophes envisagent les risques liés aux évènements naturels et non naturels tels que, les incendies, les inondations, les attaques terroristes, les accidents (d'avion, etc). Les risques potentiels pour les travailleurs et la population seraient liés à des dégagements gazeux d'iode radioactif .. L'iode radioactif a une demie vie de 8 jours ce qui signifie qu'après ce laps de temps, la moitié a décru.
 
- Quelles précautions sont prises?
Le risque zéro n’existe pas mais l’IRE met tout en œuvre pour tendre vers ce risque zéro. Depuis 2008, 15 millions d’euros ont été investis dans la sécurité. L’institut s’est équipé d’un système de surveillance de ses rejets unique au monde et récompensé récemment par le WOSMIP (Workshop on the Signatures of Medical and Industrial Isotope Production). Ce nouveau système beaucoup plus précis et plus performant permet une réaction rapide dès la moindre situation anormale. L'agence fédérale de contrôle nucléaire possède également un système qui mesure la radioactivité en continu grâce à plus de 200 bornes. Ce système se nomme Télérad et est réparti sur tout le territoire belge. Des collectes régulières d'échantillons sont opérées entre autres au niveau de la faune et de la flore autour des différents sites nucléaires et sur l’ensemble du territoire pour quantifier les teneurs radioactives et s'assurer qu'elles ne dépassent pas les limites autorisées..
 
- Que faire en cas de problème?
Le bon réflexe consiste à rester chez soi, laisser ses enfants à l'école et fermer les portes et les fenêtres. Il faut principalement écouter les médias (radio et télé) et suivre les instructions qui seront diffusées à la population. S’il est nécessaire de prendre ses pastilles d’iode, cela sera annoncé par ces canaux de communication. Pour rappel, les pastilles d’iode sont disponibles gratuitement dans les pharmacies. Pour plus d’information vous pouvez consulter le site internet www.risquenucléaire.be créé par le gouvernement fédéral qui est en charge de la distribution de ces pastilles auprès de la population.
 
- A t-on relevé des problèmes spécifiques de santé dans la population environnante?
Il a été constaté et relayé dans la presse, une prévalence de cancers de la thyroïde dans un rayon de 15 km autour de l’IRE mais on ne peut encore rien conclure aujourd’hui car des disparités dans le nombre de cas de cancers de ce type ont notamment été observées dans d’autres régions ne se trouvant pas à proximité d’un site nucléaire. Une vaste enquête épidémiologique, menée par l’Institut de Santé Public est en cours. On attend ses résultats début 2012.
 
- Que deviennent les déchets?
La gestion des déchets radioactifs produits sur le site est une activité importante de l’IRE. L’objectif est d’évacuer les déchets tout en respectant les normes en vigueur et en assurant la sécurité de l’homme ainsi que la protection de l’environnement.
Les déchets présentant une radioactivité élevée sont pris en charge par l’ONDRAF, l’Organisme National de Déchets Radioactifs et des matières Fissiles enrichies. Les déchets dont l’activité contenue est inférieure aux limites imposées sont libérés comme déchets classiques.



 

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