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30 ans après sa fermeture, la décharge de Mellery est-elle encore dangereuse ?

Par Cadev • Dossiers • Vendredi 01/01/2021 • 0 commentaires • Version imprimable

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Pour répondre à cette question, en octobre, le Cadev avait invité la Spaque, en charge du suivi de l’ancienne décharge, et le Dr Pauluis pour les aspects médicaux.

Pour rappel, il s’agit d’un site de 25 ha situé sur les hauteurs de Mellery renfermant environ 925.000 m3 de déchets ménagers et industriels. Dans les années 80, les déchets industriels venaient principalement des Pays-Bas et transitaient par une soi-disant usine de traitement préalable, à Schilde près d’Anvers, avant de prendre la route de Mellery. Cette usine était en réalité le domicile privé du transporteur qui falsifiait les documents administratifs.

Le scandale a éclaté en 1988 quand les riverains qui allaient constituer plus tard le Cadev ont fait analyser à Gembloux les eaux saumâtres qui s’échappaient de sources en contrebas des jardins de la rue de Thébais. Les résultats ont révélé des taux élevés de pollution dépassant largement les normes admises. Rien d’étonnant à cela puisque les flancs de l’ancienne sablière n’étaient pas étanches et que les déchets baignaient à certains endroits dans la nappe phréatique. L’eau et les gaz percolaient en deux panaches principaux à travers le sol en direction de la rue de Thébais pour rejaillir plus bas au niveau des caves et des jardins des maisons.

Par le biais de son avocat, le Cadev a attaqué l’exploitant de la décharge et le transporteur mais aussi la Région wallonne et la Province qui avaient délivré les autorisations de déversage pour une décharge de classe III (déchets ménagers non toxiques et non dangereux) sans assurer un suivi sérieux. Il y eut deux procès : au civil à Nivelles pour déterminer les responsabilités et un autre en réparation au pénal à Anvers d’où était organisé le trafic. A cause des manœuvres de la partie adverse pour ralentir la procédure, les procès ont duré plus de 10 ans. A Nivelles comme à Anvers, les tribunaux ont aussi fait appel à des commissions d’experts qui ont ralenti la justice. En 1994, l’exploitant et le transporteur ont été condamnés respectivement à 5 et 2 ans de prison mais ont fait appel du jugement. En 2003, le tribunal d’Anvers a acquitté les prévenus, faute de lien juridique formel entre la décharge et la pollution. 

La Spaque a été spécialement créée en 1991 pour s’occuper de la décharge de Mellery. Pour traiter le problème de l’eau, une épaisse membrane étanche recouverte d’une couche de terre a d’abord été placée pour empêcher les eaux de pluie de ‘rincer’ les déchets. En bordure du site, un réseau de puits de pompage récupère les eaux qui s’écoulent à travers les parois de la décharge et les ramène vers la station d’épuration de la Spaque sur le site. Les eaux sont filtrées par charbon actif avant leur renvoi vers Tobais qui traverse le village.

Pour traiter les gaz, des tuyères plongent au cœur des déchets. Au départ ces gaz étaient brûlés dans une torchère. Les variations de la pression atmosphérique faisaient entrer de l’air dans la décharge et appauvrissaient les mélanges gazeux jusqu’à parfois éteindre la torchère. Quand les déchets ont cessé de produire un gaz suffisamment riche, la torchère a été remplacée par un système de filtration par charbon actif.

Les travaux de la Spaque sont terminés depuis longtemps mais une surveillance active continue de s’opérer. Rien d’alarmant n’a jamais été détecté, mis à part en 2012 un pic d’émanation de benzène (inexpliqué) dans l’un des piézomètres disposés tout autour du site pour mesurer la pression des gaz. Pour la Spaque, aujourd’hui les résidus gazeux et la qualité de l’eau récupérés avant filtration ne justifient plus leur traitement et le suivi pourrait s’arrêter.

La décharge a engendré des problèmes médicaux sérieux, notamment des échanges de chromatides-sœurs au niveau sanguin en 1993 qui ont amené, entre autres, à évacuer le home pour enfants. Des habitants ont été invités à déménager en raison des gaz toxiques (benzène, toluène, …) relevés dans leurs maisons.

Un suivi médical a été réclamé à partir de 1991. A cause du rejet incessant des responsabilités entre la Région wallonne et la Communauté française, il a fallu attendre 2003 pour qu’une convention soit signée entre les parties. Très en deçà par rapport aux recommandations médicales, il ne rencontra qu’un succès très relatif. Par rapport à la période 83-85, quand la pollution a été la plus importante, près de la moitié de la population avait quitté le village. Rien n’a été entrepris pour essayer de les retrouver et leur proposer le suivi médical. Il fut abandonné en 2006.

Aujourd’hui, régulièrement, des candidats acheteurs désireux de s’établir à Mellery cherchent à savoir si la décharge présente encore un danger. Pour la Spaque, la situation est rassurante et cultiver son potager par exemple peut se faire sans problème, sauf peut-être par mesure de prudence dans le fond des jardins des numéros impairs de la rue de Thébais.

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